Des thérapies antivirales efficaces et facilement disponibles sont un élément essentiel des stratégies mondiales de santé publique. Comme première ligne de défense contre la menace de pandémie, on a démontré, par des modèles, que l’usage agressif d’antiviraux fournit la protection cruciale qui est nécessaire pour empêcher que les épidémies ne deviennent des pandémies.
Les médicaments antiviraux peuvent constituer un traitement efficace des maladies pendant qu’on travaille à développer des vaccins, comme cela a été le cas pour le VIH/SIDA. Ce sont les médicaments antirétroviraux qui ont permis de traiter le SIDA. De plus, des antiviraux nouveaux, à faible prix, constituent une option de traitement dans des situations où les vaccins ou les thérapies habituelles sont trop chers ou insuffisamment disponibles.
Dans tous les cas, cependant, les approches commerciales de développement des médicaments ont failli à la tâche de fournir un apport adéquat de médicaments antiviraux. Les compagnies pharma-ceutiques ont hésité à dépenser leurs budgets de développement pour des maladies qui affectent en premier lieu, les pays en voie de développement. De plus, bien qu’il y ait de la recherche fondamentale qui se fasse dans ce but, la culture académique n’est pas adaptée aux exigences spécifiques du développement de médicaments. On peut dire qu’il y a vraiment un vide antiviral sur la scène mondiale du développement du médicament
Traditionnellement, les responsables de la santé publique se fient sur les vaccins pour assurer la protection contre les maladies virales. Bien que cette stratégie réussisse dans plusieurs situations, les vaccins ne sont pas une panacée. Il y a encore beaucoup de maladies pour lesquelles les vaccins sont encore à développer. Les chercheurs travaillent depuis plus de 20 ans pour développer un vaccin pour le VIH/SIDA et on sait qu’il faudra plusieurs années encore pour en avoir un qui soit efficace.
Les vaccins qui sont disponibles pour les épidémies annuelles d’influenza ne seront vraisemblablement pas efficaces en cas de pandémie d’influenza. Comme la prochaine pandémie sera causée par la mutation d’une souche virale d’influenza avec laquelle les humains n’auront eu que des contacts minimes, les vaccins disponibles ne fourniront qu’une protection nulle ou très limitée. Il faudra développer un nouveau vaccin, le produire et le distribuer. Ces processus prendront au moins six mois selon les scénarios les plus optimistes. Cependant, on prévoit que des millions de personnes mourront durant les premières phases d’une pandémie. Et de plus, la capacité de production des vaccins est concentrée dans quelques pays seulement. Si les frontières se ferment à cause de la situation de pandémie, il n’y a aucune garantie que les nouveaux vaccins qui seront produits seront disponibles internationalement.
Les mêmes problèmes se posent pour plusieurs nouvelles maladies. Il est impossible de prédire la nature de la prochaine pandémie. Il est donc clair que nous avons besoin de traitements préventifs qui soient stables, efficaces et facilement accessibles dans le monde entier.
Les vaccins sont souvent difficiles à administrer. Bien qu’il y ait des vaccins pour plusieurs maladies, ils ne sont pas disponibles pour tous ceux qui en ont besoin. Des médicaments à prix raisonnables constituent la solution à court terme pour le traitement de populations non vaccinées ou là où les vaccins ne sont pas disponibles.
Les vaccins et les médicaments antiviraux sont tous les deux des composantes essentielles des stratégies de santé publiques globales. Pour offrir une protection contre des maladies tropicales négligées tout autant que pour des pandémies mortelles, le monde a besoin d’une filière de production continue de thérapies antivirales efficaces, peu coûteuses et accessibles.